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La Conférence Paris Climat 2015

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, Paris accueillera la (COP 21) ou 21ème  COnférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cet événement va rassembler près de 40 000 participants. Il s’agit donc de l’une des plus grandes conférences climatiques jamais organisées.

 Urgence climatique

« Mais pourquoi les Artisans du Monde parlent-ils de la COP 21″, vous demanderez-vous ? Parce qu’en plus de militer pour un développement durable depuis sa création au début des années 70, Artisans du Monde fait partie de la Coalition Climat 21. Cette coalition regroupe plus de 130 organisations – dont Greenpeace, Alternatiba, Oxfam, le REFEDD et WWF -, et face à l’inertie des décideurs, elles ont fait le choix de « s’organiser afin d’amplifier le mouvement pour la justice climatique​ » (Extrait de la Déclaration du 19/09/2014)

 

Crédit illustration: Lasserpe

 

Affiche Coalition

 

Nul ne conteste que l’activité humaine soit la principale responsable du changement climatique. L’impact de ce changement n’est pas le même pour tous : les producteurs du Sud sont les plus touchés. De plus le modèle dominant de l’agriculture, du commerce et de la consommation est une des causes et un des facteurs aggravants du changement climatique. Dans ce contexte, le commerce équitable est un élément incontournable d’une transition vers un autre modèle.

 

Mais les tentatives des gouvernements et de la société civile pour agir sur le dérèglement climatique et instaurer un nouveau modèle ne datent pas de cette année. Il y a eu avant  le Sommet de la Terre à Rio en 1992, le Protocole de Kyoto en 2005 et d’autres sommets encore mais qui n’ont pas abouti à un accord global. 

 

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La Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée au cours du sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992, reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.

La COnférence des Parties (COP), composée de tous les Etats « parties », constitue l’organe suprême de la Convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques.

Le Protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005 et ratifié par 192 pays, matérialise des engagements contraignants de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2% entre 2008 et 2012, par rapport aux niveaux de 1990.

La Réunion des Parties au protocole de Kyoto (CMP) veille à la mise en œuvre et prend des décisions pour promouvoir l’effectivité du Protocole de Kyoto.

Quel bilan, 10 années plus tard ? Le protocole de Kyoto aura permis une baisse réelle des émissions des pays signataires de 4%. Malheureusement les Etats-Unis, plus grands émetteurs de GES de la planète n’ont jamais ratifié le protocole, le Canada s’en est retiré (ses émissions ont augmenté de 18,2% sur la période) et les Etats de l’ancien bloc de l’Est doivent la chute de leurs émissions à l’effondrement de leurs économies.

Le sommet sur le climat de Copenhague (COP-15) avait pour ambition d’aboutir au premier accord global de lutte contre le changement climatique, en fixant la feuille de route de la gouvernance mondiale du climat sur la période 2013-2017 (réduction des émissions de GES et répartition des efforts entre les pays). L’accord issu du sommet a constitué une déception : il n’est pas légalement contraignant et ne propose pas d’objectifs chiffrés de réduction des GES. Il reflète l’absence d’une vision commune et multilatérale pour le long terme. Les 195 pays représentés ont repoussé à 2015 la signature d’un accord global.

 

Les négociations sur les changements climatiques demeurent donc plus que jamais à l’ordre du jour. 

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L’enjeu de la COP 21

Selon le comité organisateur, l’objectif est « d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ». L’accord, censé entrer en vigueur en 2020, devra à la fois traiter de l’atténuation – la baisse des émissions de gaz à effet de serre – et de l’adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques existants et à venir. La répartition de l’effort entre les émetteurs historiques et les économies émergentes est l’un des points sensibles de la négociation.

Pour garantir le succès de la lutte contre le réchauffement climatique, des objectifs équitables, contraignants et chiffrés doivent être établis. Contenir la hausse de la température terrestre en deçà de 2°C d’ici à 2100 (par rapport au niveau du début de l’ère industrielle en 1850) constitue à ce titre un objectif central, souvent réaffirmé par les négociateurs.

Un enjeu financier aussi

En mai dernier, le gouvernement a annoncé qu’il souhaitait que 20% du budget de la conférence soit 35 M€ environ proviennent d’entreprises privées, ceci afin de « réduire le plus possible l’addition pour le contribuable». EDF, Engie, Air France, Michelin, Suez Environnement, BNP Paribas ont été cités comme les sponsors privés de l’événement.

En 2013, lors de la COP19 de Varsovie, plusieurs ONG avaient quitté la conférence dénonçant le financement de la conférence par les grandes entreprises des énergies fossiles (Arcelor Mittal, Alstom, BMW…) et leur influence sur la présidence polonaise. Dans un contexte de restriction budgétaire, le financement du sommet de décembre est un point de vigilance majeure pour les ONG.

Le gouvernement n’a-t-il pas pris le risque de susciter un climat de défiance auprès du grand public et d’une partie de la société civile, lorsque l’on sait qu’EDF et ENGIE rejettent chaque année l’équivalent de près de la moitié des émissions de la France et continuent d’investir dans les centrales à charbon ?

De leur côté des ONG ont annoncé qu’elles refuseraient de participer à une conférence payée par les lobbies du fossile et du nucléaire.

Affaire à suivre…

 

Consciente de l’enjeu que va représenter la Conférence Paris Climat 2015, la société civile se mobilise pour renforcer la prise de conscience et rassembler le plus grand nombre autour de ce nouveau modèle à construire. 

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La société civile se mobilise

« La société civile est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essaient de faire autrement » Pierre Rabhi, inventeur du concept « oasis en tous lieux. 

 

La Coalition Climat 21 

Une bonne centaine d’organisations et de mouvements  se sont réunies pour former la Coalition  Climat 21 : syndicats, ONGs environnementalistes et de solidarité internationale, mouvements sociaux, féministes, groupes de foi ou de jeunesse. Toutes ces organisations ont leur propre histoire et ne sont pas d’accord sur tout, mais se rassemblent autour d’une certitude : la crise climatique nous concerne toutes et tous.

La fin de l’année 2015 constitue une véritable opportunité de mobilisation au travers de différentes manifestations :

•   26-27 septembre : Village des Alternatives place de la République

•   28-29 novembre : Marche pour le Climat

•   5-6 décembre : Village Mondial des Alternatives à Montreuil

•   7-11 novembre : Zone d’Action Climat (ZAC) au 104 (Nord de Paris)

•   12 décembre : Action de masse à Paris, « Ayons le dernier mot ! »

 

Alternatiba, « 5.000 km pour le climat » 

 

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Si nombre de militants et d’organisations sont déjà en train de se préparer, qu’en sera-t-il des citoyens plus largement ? Le dérèglement climatique impacte en priorité les personnes en situation de précarité, en priorité dans les pays du sud, victimes d’événements climatiques extrêmes, mais également dans les pays du nord.
La dynamique Alternatiba souhaite montrer que les alternatives au dérèglement climatiques existent et qu’elles sont à la portée de tous.

C’est ainsi que des centres villes se transforment le temps d’une journée ou d’un WE en « villages des alternatives ». En 2014, 9 villages se sont tenus, près de 60 sont prêts pour 2015 : du 5 juin au 26 septembre, un vélo 4 places va parcourir plus de 5.000 km : symbole de la transition écologique, de la solidarité et de l’effort collectif, il fait  étapes dans 187 territoires. Ces étapes sont organisées avec des citoyens et des collectifs de tous horizons : associations de défense de l’environnement, sections syndicales, casernes de pompiers, clubs de sport, groupes de musiques, etc.

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Le Collectif pour une Transition Citoyenne

Il regroupe 16 mouvements citoyens moteurs dans de nombreux domaines d’activité de la transition qui proposent d’œuvrer concrètement en faveur de la transition sur les territoires et les aident à le faire par la réalisation d’actions et d’outils. Le Collectif pour une Transition Citoyenne s’associe  à la dynamique Alternatiba pour mettre en place de nouvelles actions en 2015 : un pacte de la transition à destination des collectivités locales, un livret des alternatives, le lancement de 300.000 exemplaires du magazine « Demain en mains »…avec en point d’orgue, la journée de la Transition le 26 septembre 2015.

 

Solutions COP21, un dispositif pour donner à voir les solutions climat au plus large public

Lancé en juillet 2014, c’est un dispositif inédit de valorisation des solutions pour le climat créé en perspective de la conférence de décembre prochain. Cette initiative est portée par le Comité 21 (comite21.org)  avec le Club France Développement Durable (rassemblant plus de 100 réseaux publics et privés. clubfrancedeveloppementdurable.com).

Pour partager les solutions existantes ou en projet à travers le monde, Solutions COP21 a lancé un hub des Solutions climat, première plateforme contributive multi-acteurs dédiée aux solutions climats et organisera une exposition au Grand Palais du 4 au 10 décembre 2015, ouverte gratuitement à tous les publics.

 

Le 16 juillet dernier à Addis Abeba, l’ONU est parvenu à un accord sur le financement ouvrant la voie à l’adoption de moyens d’éradiquer l’extrême pauvreté à l’horizon 2030, de réduire les inégalités et de promouvoir un mode de développement compatible avec la lutte contre le changement climatique.

 

Cette décision marque la première étape d’une année 2015, forte de deux autres moments décisifs avec la mise en œuvre des 17 Objectifs de Développement Durable (les ODD), lors du sommet des Nations Unies de New York en septembre et la signature à Paris d’un accord universel pour contenir le réchauffement sous la barre des 2°, durant la COP21 en décembre.

 

ARTICLE REDIGE PAR MARIE-LAURE BOUCHERY (bénévole à Artisans du Monde Paris 9)

Paris, le août 2015

 

Sources :

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